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Titre : MARAICHAGE : DES « NON-LIEUX » À ABIDJAN ?

Auteur.e.s : OUATTARA Zana Souleymane , .

Résumé :
Située au sud-est de la Côte d’Ivoire, Abidjan connait une forte immigration rurale et étrangère couplée à une expansion spatiale débridée. Ce croît démographique qui, logiquement devait constituer un facteur de développement de l’agriculture urbaine, limite la pratique de cette activité du fait de l’absence d’un document de planification urbaine qui intègre les espaces agricoles. Cet article analyse l’identité spatiale qui est dévolue aux espaces de maraîchage dans la ville d’Abidjan. Afin d’obtenir les résultats escomptés, la méthodologie employée repose, en grande partie sur des enquêtes effectuées notamment dans le cadre d’une thèse, complétées par un travail de terrain courant 2020 et 2021. Cette phase a été précédée et suivie de recherches bibliographiques, pour approfondir et éclaircir des aspects de la thématique, mais aussi de confirmer certaines observations faites sur le terrain. Il ressort de l’étude que la pratique du maraichage dans la ville d’Abidjan est caractérisée par une identité spatiale marquée par des localisations périphériques. Les maraîchers abidjanais sont confrontés à un statut foncier précaire. Depuis 2010, après la crise post-électorale, les activités du maraîchage à Abidjan ont connu un repli spatial au profit d’autres fonctions. De 2016 à 2021, la ville a perdu plus 75% des sites de production maraichères au profit des travaux d’aménagement, ce qui met en évidence la non identité spatiale du maraichage. Face à cette perte fulgurante des espaces agricoles, les maraichers se forment de plus en plus à la technique de la culture hors-sol qui se fait sur tous types d’espaces.