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Titre : AUTOCHTONIE, ALLOCHTONIE ET ALLOGENIE DANS LE PROCESSUS DE CERTIFICATION DES TERRES RURALES A BOSSEMATIE ET EDOUKOUKRO (SOUS-PREFECTURE D’ABENGOUROU/COTE D’IVOIRE)

Auteur.e.s : Pascal Adjéi TANOH, Joseph Adou TANO.

Résumé :
La certification des terres vise la sécurisation et le renforcement de la cohésion sociale autour du foncier rural ivoirien. Elle envisage baliser la pluralité des droits qui s’enchevêtrent, se chevauchent et s’entremêlent, à travers des pratiques locales, débouchant sur les conflits. Ainsi, s’impose-t-elle comme un cadre de clarification des droits des acteurs fonciers, dans une perspective inclusive, intégrative, objective, pacificatrice et stimulatrice de développement durable. En effet, la délivrance d’un certificat foncier rural à un tiers, confirme la légalité et la reconnaissance de ses droits sur l’espace physique occupé, ce dans les limites fixées par la loi foncière nationale. Cependant, au-delà des fondements inclusifs et objectifs du projet de certification, sa perception au niveau des populations rurales met en lumière des controverses identitaires qui risquent d’alimenter des conflits au sein des communautés. Cette réalité se perçoit à partir des enjeux économicopolitiques et identitaires, mobilisés autour du processus de production des certificats fonciers dans certains villages, à l’instar de Bossématié et Edoukoukro. C’est bien ce qui conduit à cette étude, dont l’objectif principal est de cerner les perceptions locales de la certification foncière et les rapports sociaux, mus par des sentiments d’autochtonie, d’allochtonie et d’allogénie dans lesdits villages, afin de mieux aborder la question au niveau macrosociologique. Cet article ambitionne donc de contribuer à un meilleur accompagnement du processus de certification foncière rurale, en éclairant davantage les comportements locaux et le niveau d’internalisation du PRESFOR chez les populations rurales.