Détails de l’article

Titre : LA CHEFFERIE POLITIQUE EN PAYS NUNI : ÉMERGENCE, ÉVOLUTION ET ORGANISATION

Auteur.e.s : Hyacinthe Wendlarima OUÉDRAOGO, .

Résumé :
Depuis l’époque précoloniale, les sociétés africaines ont développé plusieurs formes d’autorités. De nombreuses études d’historiens, d’ethnologues et d’anthropologues ont classé ces systèmes d’autorités sociopolitiques en trois catégories : les sociétés sans gouvernement central ou sociétés an-étatiques, celles à organisation étatique et celles ayant un régime intermédiaire (M. Gomgnimbou, 2009, p. 327- 332). L’organisation sociopolitique des Nuna (peuple situé dans la partie sud du Burkina Faso) répond à ce dernier type. À la faveur des infiltrations de groupes de migrants venant des royaumes moose et des mutations sociales internes, la notion et l’exercice de la chefferie a connu une diversification, d’où le passage d’un constitutionnalisme primaire à un constitutionnalisme de type évolué mais qui n’atteignit pas le stade d’une structuration étatique. Si les premiers occupants du sol ont développé et conservé la chefferie de fondation centrée sur le culte de la terre, les nouveaux venus, qui s’établissent postérieurement, ont institué la chefferie de conquête ou chefferie politique. À cette chefferie était dévolu le paale, le commandement politico-religieux. Il importe, pour une meilleure connaissance des institutions sociopolitiques de cette société, de s’interroger sur la genèse de cette chefferie politique, ses rapports avec la chefferie de terre et son organisation. Au cours des siècles, la chefferie politique a eu un impact social, politique et religieux sur l’ensemble du pays nuni. À la fin du XIXe siècle, le pays nuni présentait une configuration politique héritée de l’évolution multiséculaire imposée par cette même institution.