Titre : DÉTERMINANTS DE LA PRATIQUE DES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES PARMI LES FEMMES DE 15 – 49 ANS AU TCHAD
Auteur.e.s : Justin DANSOU, Roger ATTEMBA, Alphonse Mingnimon AFFO, Jacques Zinsou SAIZONOU, Pacôme Evènakpon ACOTCHEOU.
Résumé :
Les mutilations génitales féminines (MGF) constituent une violation grave des droits humains et de
l’intégrité corporelle des filles et des femmes, entraînant des risques sanitaires et perpétuant les inégalités
de genre. Cette étude analyse les déterminants des MGF chez les femmes âgées de 15–49 ans au Tchad, en
s’appuyant sur les données de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) 2019 (n = 22 534). La
prévalence globale observée est de 34,1 %, la clitoridectomie représentant la majorité des cas (28,0 %),
tandis que l’infibulation et l’excision sont moins fréquentes (4,3 % et 1,8 %). Dans les modèles de
régression logistique ajustés, le niveau d’instruction apparaît comme un facteur protecteur (niveau
secondaire ou plus : OR = 0,68; IC = 0,60–0,78) et les femmes non en union présentent un risque réduit
(OR = 0,68; IC = 0,60–0,77), alors que l’appartenance religieuse reste associée au phénomène, les
musulmanes présentant un risque plus élevé (OR = 1,86; IC = 1,50–2,31). Les effets les plus marqués
concernent l’appartenance ethnique et la province : plusieurs groupes ethniques et certaines provinces (par
ex. Mandoul, Salamat, Sila) affichent des risques nettement supérieurs, tandis que d’autres zones (par ex.
Borkou, Logone Occidental, Barh El Gazal) sont fortement protectrices. Ces résultats soulignent la
nécessité d’interventions ciblées, sensibles aux contextes ethniques et territoriaux, combinant éducation,
mobilisation communautaire et renforcement des politiques de protection.