Détails de l’article

Titre : SPINOZA : CRITIQUE DE LA REPRÉSENTATION PHILOSOPHIQUE DE L’HOMME

Auteur.e.s : MASSIMA LOUWOUNGOU, .

Résumé :
Caractérisé tantôt par des thèses surévaluant l’être humain (en le concevant comme une exception aux lois communes de la nature), tantôt par des thèses dévalorisantes (qui posent le désir comme l’effet de la valeur de son objet), le discours anthropologique que Spinoza dénonce est caractéristique d’un flétrissement de la nature humaine réelle au profit d’une nature humaine utopique : dès lors qu’il présente l’homme non tel qu’il est réellement, mais tel qu’on aurait voulu qu’il soit (sans passions), ce discours débouche sur une connaissance confuse, voire erronée de la nature humaine. Et c’est précisément dans ce contexte qu’émerge la représentation spinoziste de l’homme. Or, par la particularité de sa méthode qui le conduit à chosifier l’homme – c’est-à-dire à l’étudier comme une chose (res) parmi tant d’autres au sein de la nature et qui dépend en grande partie des choses extérieures, et par la teneur de ses thèses qui remettent en cause l’idée que l’homme soit « un empire dans un empire », la philosophie de Spinoza se lit comme une destitution de l’homme du piédestal sur lequel l’avait placé Descartes. Dans ce cas, tout l’enjeu de la présente contribution sera de démontrer comment une philosophie de la chosification et de la destitution de l’homme peut être expressive de la valorisation de ce dernier.