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Titre : AU-DELA DE LA CRITIQUE DE L’ETHNOPHILOSOPHIE : PAULIN HOUNTONDJI ET LA MISE EN EXERGUE DE LA RESPONSABILITE DES PHILOSOPHES AFRICAINS

Auteur.e.s : DAVID PIERRE AVOCES, .

Résumé :
Avant la publication de La philosophie bantoue de Placide Tempels, philosophes et anthropologues occidentaux ont souvent pensé que l’Afrique est un continent hors du champ de la raison et de l’histoire. Dans Sur la philosophie africaine : critique de l’ethnophilosophie, Paulin Hountondji évoque une expression de Lévy-Bruhl : « mentalité primitive » (P. Hountondji, 2022, p.33) ; expression par laquelle Lévy-Bruhl soutenait que les Africains se caractérisent par une mentalité prélogique ; donc incapables de réflexions philosophique et scientifique. Une telle idée n’est pas sans conséquence ; puisque la responsabilité est le propre de l’homme, quelle que soit sa race ou sa culture. S’il est vrai que Tempels a essayé de valoriser l’image de l’Africain à partir de sa culture, en retrouvant en elle une philosophie, il n’en demeure pas moins vrai que son œuvre a des limites, puisqu’elle montre l’incapacité de l’Africain à expliquer cette philosophie. C’est justement ce que condamne Paulin Hountondji, dans l’ensemble de son œuvre. Pour lui, l’existence d’une philosophie africaine dépend de la réflexion des Africains. Alors, peut-il y avoir une philosophie africaine sans les philosophes africains ? Quel doit être la responsabilité des philosophes africains ? L’objectif du présent article est de mettre en exergue la responsabilité du philosophe africain.